vendredi 20 mars 2009

Nom d'un chien.


L'illustration qui orne ce blog est de Natacha Sicaud. Natacha a illustré mon premier livre, Un Chien dans le placard (Nathan); la rencontre de son trait et de mon écriture fut pour moi une très grande joie, d'autant que c'était ma première publication en littérature de jeunesse. Non seulement mon histoire était prise, mais en plus je donnais à quelqu'un que je ne connaissais pas l'occasion d'exprimer son talent. Depuis, le livre a été réédité et Natacha y a participé en revoyant notamment la couverture.

En fait, avec cette histoire de chien, je retrouvais une part d'enfance que ma mémoire avait négligé jusque-là. Je veux parler du chien de ma grand-mère. Il s'appelait Athos, nom étonnant, car ma grand-mère était plus portée sur Modes et Travaux que sur les Trois Mousquetaires. Enfant, j'ignorais tout du roman de Dumas. Pour moi, ce nom signifiait plutôt: Athos-qui-a-un-os. Ce chien - en fait, un cabot, comme on disait, un batard - passait le plus clair de son temps dehors attaché à un piquet. Il était doux, paresseux, jamais grognon. Il offrait son amour comme ça, sans rien demander en échange (enfin, je le gavais quand même de sucre!). Pour moi, il devait représenter l'amour avec un grand A - un peu comme le Christ... Du reste, en parlant une fois des chiens avec Nadja - autre illustratrice de grand talent - nous sommes tombés d'accord pour dire que, si le Christ revenait parmi nous aujourd'hui, il aurait l'apparence d'un chien...

Donc, j'aimais, j'adorais, j'adulais Athos. Et puis, un jour, il n'a plus été au rendez-vous. Ma grand-mère allait déménager. On ne m'a pas expliqué ce qu'on en avait fait. Plus tard, j'ai compris qu'on l'avait piqué. Depuis, malgré l'âge, je continue de m'interroger. Où est passé Athos? Qu'est-il devenu? Bien sûr, je sais qu'il est mort, mais il continue de vivre en moi comme une tendre blessure... En moi, il y a un chien. Un chien qu'on va piquer, qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive et qui songe à un petit garçon qui l'aimait bien et le gavait de sucre.

1 commentaire:

  1. Incroyable d'entendre parler du fameux cabot. Merci pour ce souvenir

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